Un peu de moi…

Ma biographie…

Alors dans une bio, on est censé raconter (ou faire raconter par un  journaliste, un pote, ta belle-mère) qui on est, d’où l’on vient, pour certains mentir beaucoup, pour d’autres cacher un peu, faire fantasmer, sublimer le regard du spectateur, ravir l’oreille de l’auditeur et faire cracher à la maman de Kévin les 10 € réglementaires pour acheter mon 1er album + le t-shirt, la place de concert, l’édition limitée…bref, faut vendre du rêve, de l’inaccessible. Il est beau mon nombril, hein qu’il est beau ??Et c’est bien là le problème car, même si je ne compte pas vous donner mon adresse postale ni mon numéro de sécu, le côté artiste inaccessible, c’est pas trop le genre de la maison. Je m’en vais donc, dans les quelques lignes qui suivent, non pas vous raconter toute ma vie (d’une, je ne le veux pas, et de deux, croyez-moi tout n’est pas passionnant…on pourrait le croire mais non, j’vous jure…n’insistez pas), mais différents moments marquants de ma vie musicale avec des liens vers du bon son, des photos, des vidéos, un côté « trois p’tits chats, chapeau d’paille, paillasson » qui vous en apprendra bien plus sur mon moi intérieur qu’un scan de ma dernière coloscopie. Pour ceux qui n’aiment pas lire, une interview vidéo ci-dessous, pour tous les autres, c’est parti !!

Tout a commencé pour moi dans cette rue, dans ce magasin…ou du moins pas bien loin…

On est donc rue d’orsel, au 4bis exactement, dans le 18ème arrondissement de Paris. Vous pouvez, en ce moment même, admirer mon arrière-grand père qui fait le fiérot devant le magasin familial. Le fiérot, il peut le faire car, encore plus à l’époque qu’aujourd’hui, ils n’étaient pas nombreux les gens qui remontaient une affaire à 60 balais passés. Pas par avidité débordante (je vous parle de commerce là, pas d’écooole de commerce), mais parce qu’il pensait que le quartier allait prospérer et sur ce coup-ci, il a eu l’nez creux.Mon arrière-grand père devant la Maroquinerie familiale Dans ce magasin bossaient donc mon arrière-grand-père, mon arrière-grand-mère (connus tous deux assez longtemps pour avoir de vrais souvenirs), mes grands-parents, mon père, ma mère, et parfois jusqu’à 3 vendeuses dont Guigui, Malika et Carole(le fait que mon père ait fini seul à tenir ce magasin vous explique l’état dans lequel on a laissé tomber le petit commerce de proximité mais ça, c’est une autre histoire). Et chaque jour, passé 16h30, y’avait donc une charmante tête blonde qui venait récupérer les clés de la maison avant le goûter, les devoirs et éventuellement aller jouer avec les potes au coin de la rue, cette tête, c’était moi. Pour les plus attentifs d’entre vous, vous aurez remarqué que le commerce d’à côté, à la droite de mon arrière-grand père, est un café qui porte le nom d’ « Orsel Bar ». A l’époque y bossait un serveur du nom de Mohand qui me faisait des glaces à l’italienne tellement grandes qu’il fallait presque deux mains pour les tenir et bien ce même Mohand est devenu le patron du café et c’est justement ce monsieur que vous pouvez voir à la fin du clip de « Bobos ». Et oui, je ne suis pas entré dans le premier café rebeu venu pour faire couleur local, ça n’est pas non plus mon ami pour la vie mais je trouvais que c’était un bon moyen de rendre hommage à celles et ceux qui m’ont accompagnés durant mon enfance car c’est aussi grâce à eux que je tiens debout et que je chante ce que je chante. Donc, à la rue d’orsel, je dis Merci !!

Premiers sons dans mes oreilles…

Vous devez vous dire « Il est bien mignon avec ses anecdotes familiales mais il est où le point commun entre vendre des sacs à main et chanter des chansons classes et populaires ? ». Et bien y’en a pas, ou du moins si y’en a un, c’est qu’on ne résume pas la vie des gens à une seule qualité/activité & à ce propos, j’ai vraiment eu une chance folle. Pas de musiciens dans ma famille mais des gens qui aiment chanter, siffloter un air, taper des mains sur le rebord du comptoir.Mon 1er groupe Pour vous dire la chance que j’avais, ma mère, quand je devais avoir 5/6 ans, me réveillait le matin en mettant « Im just a gigolo » de Louis Prima en 45 tours sur la platine, tout en ouvrant lentement les rideaux. Je ne sais pas si elle voulait faire de moi un galant de ces dames pour plaisirs tarifés mais avouez qu’on a connu des réveils plus difficiles !! Ce morceau, et ce moment, m’ont tellement marqué qu’ils font tous deux partie des fondations de ma culture musicale. Quand on entend la puissance qui se dégage du solo de trombone, j’en viens même à me demander si je n’avais pas été contaminé par ce drôle d’instrument dès cet instant là. A votre gauche, vous pouvez admirer une des toutes premières répétitions de mon 1er groupe. Le succès nous tendait les bras mais ma grande sœur a préféré entamé une carrière solo sous prétexte que je ne savais pas accorder la boîte de gâteaux danois qui  nous servait de percussions (et oui, au début des années 80, la boîte n’était pas bleu mais marron). Outre ces deux souvenirs, Écoute bien les paroles…ma vraie première rencontre avec la musique a eu lieu à 4 pattes…non pas que j’étais en position pour signer mon premier contrat dans une grosse maison de disque…mais tout simplement parce que les vinyles de mon père se trouvaient dans un meuble avec la platine au-dessus et les disques en-dessous. Et dans ce meuble, il y avait de vraies petites perles qui font encore partie de ma vie à l’heure actuelle : du Stax bien sûr (fameux label de rhythm ‘n’ blues) avec Otis Redding, Sam & Dave, les compilations Rhythm’n’ Blues Formidable, mais aussi du Creedence Cleerwater Revival, du Eddy mais pas de Johnny, ni de Beatles ni de Stones mais à la rigueur des Kinks et quand même quelques français avec Brel (et oui, un belge), Reggiani, Barbara, Brassens mais aussi Francis Lemarque ou Mouloudji et ma mère me disant « Surtout, écoute bien les paroles…écoute… » . Bon, quand on a 7 ans et qu’on écoute Serge Reggiani chanter « Ma Liberté », je ne sais pas si on en sort vraiment indemne, mais ça fait écrire de belles chansons plus tard…

Conservatoire, première guitare et premières répétitions…

J’ai bien fait un peu de judo, gym, tennis, course à pied, foot… lorsque j’étais petit au « Multisports de Championnet »  rue Georgette Agutte, du rugby aussi au SCUF (et oui, le Brennus, c’est eux), mais le sport, la compétition, ça n’a jamais été ma tasse de thé, même à l’époque du chocolat chaud !! Et c’est là que mes parents eurent la plutôt bonne idée de m’inscrire au conservatoire du 18ème. Plutôt bonne car cela m’a permis de rencontrer un drôle d’instrument, plutôt bof car les conditions dans lesquelles je l’ai rencontré n’étaient pas forcément les plus folichonnes.CT et son 1er trombone Pour faire bref : à l’époque au conservatoire, c’était 1 an de solfège+chorale, puis tu choisissais ton instrument pour les années suivantes. Brève apparition à la chorale, 1er cours, la prof teste les élèves pour nous classer par registre, ma voix est trop grave, elle ne sait où me ranger. S’en suit, dans le 1/4 d’heure, une embrouille avec un gars qui n’trouvait rien de mieux à faire que d’vouloir arracher mon subliiiime porte-clé « Davy Crockett » en poils synthétiques « Non mais, oh ! Hé !! ». « La grosse voix, dehors !! ». Et me voilà donc viré, pour la première fois de ma vie, à reprendre le 85 l’âme en peine et un mélange de honte & d’injustice en tête. Bon an, mal an, j’ai tout de même fini cette année de solfège sans grand talent mais quand vint l’heure de choisir mon instrument bah piano, y’avait plus d’place, batterie, y’avait plus d’place, guitare, y’avait plus d’place…etc…il ne restait que trombone. Et vu qu’la secrétaire de l’époque aurait voulu que ce soit son fils le prof mais qu’c’était pas lui, bah, elle ne proposait l’instrument à personne. Résultat, on était 2 en cours, un boulanger d’une trentaine d’années et moi. J’vais pas épiloguer sur ce que j’ai ressenti à l’époque ni sur d’autres moments d’vie passés et futurs qui pourraient faire dire « Ah mais ouais, c’est ça, d’où tes chansons sociales, engagés, tout ça », mais c’est sans doute une des premières fois où j’vais comprendre ce que signifie « classe sociale », car malgré ma bonne tête de petit blond (cf. photo avec mon 1er Bone), faut croire que quand tu venais du côté Ligne 2 du 18ème, bah, t’étais servi après les « encore plus blondes têtes » des alentours de la Mairie. A lotta people won’t get no justice tonightL’avenir me prouvera que j’avais bel et bien raison…mais surtout il me montrera que le trombone, c’est quand même un sacré chouette d’instrument !! De la 6ème à la terminale, je me suis royalement fait chier, et pas qu’un peu, je vais donc faire fissa avec 2 événements marquants. Aux alentours de mes 15 ans , un pote me file une guitare acoustique à réparer en me disant « Tu me la rendras quand tu t’en serviras plus ». Résultat, j’ai composé quasiment tous mes morceaux avec et j’en jouais encore en concert le mois dernier. Vers mes 17 ans un autre pote commence à répéter le samedi après-midi & me propose de les rejoindre pour jouer « Armagideon Time » de Willie Williams. Ils reprenaient ce titre dans la version de The Clash sans connaître l’originale « Il paraît qu’y a du trombone dessus », moi je connaissais l’originale mais pas celle du Clash. Autant vous dire que notre 1ère répét était loin de sonner…mais j’avais attrapé le virus !!! Quelques mois plus tard, nous avions une dizaine de compositions à notre répertoire, des compos simplistes, mais des compos quand même…et ça faisait toute la différence avec le studio d’à côté où « quelque chose en toi ne tournait pas rond… ». Le 1er concert en intérieur eut lieu dans la grande salle des Studios Ornano, Porte de Clignancourt (j’ai eu l’occasion d’en parler sur ce site fort sympathique mais malheureusement plus actualisé Street Interview) & le 1er concert en plein air Square Hébert, lors de la Fête de la Jeunesse…Il y avait donc encore beaucoup de chemin mais, ça y était, le 18ème était au courant de mon existence de star mondiale de quartier, restait plus qu’à conquérir le monde…

(pour les curieux, j’ai créé une playlist sur ma chaîne youtube reprenant certains titres que l’on essayait de jouer le samedi après-midi, c’est par ICI)

Premiers cachets, tromboniste…(ah bon, c’est un métier ?)

 « Hé, tromboniste !!« , c’est ainsi que je me suis fait accoster par un artiste Togolais en sortant d’un studio place Sainte Marthe où je répétais avec Brahim (un des premiers chanteurs avec qui j’ai joué en dehors de mes compos). Numéros échangés, rendez-vous pris peu de temps après dans un studio d’enregistrement, et me voilà avec mon 1er billet en poche. CT et section cuivresPayé pour jouer, c’est ti-pas une belle vie ??!! Ensuite, de petites annonces punaisées sur les murs (et oui, c’était ainsi avant l’invention d’internet) en rencontres fortuites, j’ai mené ma barque sur scène et en studio, mon trombone à la main et mon sérieux en bandoulière. Pendant plusieurs années, nous avons formé une section de cuivres avec mes potos Laurent Dessaints (sax et flûte) & Manuel Faivre (trompette) comme vous le montre cette jolie photo. Principalement dans les styles afro, reggae, salsa, à Paris et ailleurs (notamment à la Flèche d’Or à l’époque où ça n’était pas encore un club electro-pop). Dans un ordre pas du tout chronologique et pas du tout exhaustif, j’ai eu l’occasion de jouer avec Pablo U Wa, Ismaël Isaac, Ras Naya, Bata Ola, La Contrabanda, Brahim, Colocks, Thomas, Wayne McArthur, Admiral T, Shamsia Sagaff, Anidier, Passi, IV my People ou même l’ex L5 Louisy Joseph (et oui !!)… De belles années et de bien beaux moments que je vis encore à l’heure actuelle, mais mes compostions et mon envie de les défendre m’ont amené petit à petit à me concentrer sur moi-même, Control Tower, pour mon plus grand plaisir et j’espère pour le votre !!

Un 1er album, des compils, des scènes, un présent et…une suite…

C’est donc en 2007 que je suis officiellement né sous le nom de Control Tower (beau bébé d’1 m 92, déjà toutes ses dents et la langue bien pendue) en produisant mon 1er album intitulé « Alerte ». 5 chansons, 5 dubs, des épices déjà bien mélangés, des paroles recherchées & de bien belles mélodies pour sublimer l’tout !! Cette première galette a été bien accueillie CT La Pechepar les gens qui achètent les disques et viennent aux concerts (oui, oui, c’est bien de vous que je parle, le public), et salué comme « énergique et brillant » par d’autres (et oui, oui, c’est bien d’vous que je parle, les chroniqueurs google journalistes) et m’a permis de faire mes premières scènes avec mes compositions. Des grandes salles, des petites salles, des bien payées, des…autres…et notamment un fameux concert au Sentier des Halles dont vous pouvez voir un résumé dynamique et enjoué par ICI. S’en sont suivies plusieurs compilations, certaines reprenant des titres présents sur cet album (Nouveaux Talents Fnac, La Métisse…), d’autres avec des inédits (Le Racisme ça suffit, La Pêche Rassemble…), de nouvelles scènes en quintet, trio, duo, solo…et même en sound-system avec mes potos de Blues Party. J’ai évidemment continué à écrire et composer de nouvelles chansons, toujours classes, toujours populaires, en ai testé certaines sur scène, d’autres devant ma glace, et voilà mon cher ami & néanmoins batteur Biguy qui m’dit « Hé Tower, là je suis dispo jusqu’à la fin octobre mais après je pars pour plus de 2 mois ». Nous voilà rentrés en studio pour les premières sessions d’enregistrement de ce nouvel album tant attendu. Toutes les bases rythmiques sont mises en boîte en 3 jours grâce à de bien bons musiciens, ne restait plus que….80% du taf, une broutille !!! Le temps de renflouer quelque peu les caisses, de gérer les emplois du temps de tout l’monde, j’me suis dit « C’est bon, on finit tout ça dans l’année et ça sort en 2013 ». Mais voilà ti pas que je me retrouve en co-production sur 2 autres galettes inédites coup sur coup, le genre de production qui ne se télécharge pas, qui n’se vend pas en magasin et qu’on garde bien au chaud chez soi. Pendant c’temps-là, j’ai quand même pas chômé, j’me suis donc atteler aux 80% restants ! D’autres jours en studio pour enregistrer les cuivres, les percussions, les chœurs, les invités de qualité, le tournage d’un 1er clip à Paris, de 2 autres à New York, des remixs avec mes potes de Libre Comme L’Air, des allers-retours chez l’graphiste, des conseils en tous genres, de bonnes rigolades et beaucoup d’café. A l’heure où vous lisez ces lignes, le nouvel EP est enfin arrivé !! Il s’appelle « Bienvenue dans l’Quartier » est disponible en CD sur ma boutique, mais également chez certains commerçants du 18ème (cf vidéo), et bien évidemment en mp3 également sur ma boutique ou sur Itunes et compagnie. Les plus perspicaces d’entre vous remarqueront qu’il est sous-titré « Le Garde du Cœur vol 1 » car oui, c’est prévu, il y aura très bientôt un « Le Garde du Cœur vol 2 ».

A celles et ceux qui ont tout lu, un grand bravo. J’espère qu’on se verra très bientôt en concert…Et en guise de mots d’la fin, je vous laisse avec les premiers de « Bobos », des mots d’la fin qui sonnent comme à bientôt, des mots d’la fin qui m’résument bien :

« Bienvenue dans l’Quartier !! »

Control Tower


 

Pour celles et ceux qui n’aiment pas lire, vous pouvez toujours visionner une de ces 2 vidéos :

  • Une Interview réalisée par le site okabol.com :

  • Une autre interview, bien plus courte, réalisée pour l’émission Zikspotting, mais avec 2 chansons en bonus :

A très vite pour la suite…

Enjoy,
Control Tower